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| © Wahib |
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Jamel Debbouze : Je suis exubérant et profondément timide |
Écouter Jamel, c’est du bonheur en barre. Tout est bon, il n’y a rien à jeter. L’intelligence, la drôlerie, l’émotion brute qu’il balaye vite parce qu’il ne se reconnaît pas le droit de se plaindre. Respectueux du travail de l’autre, il ne demandera pas à relire son entretien. Glissera juste une petite supplique à la fin : « Réécrivez mieux que je parle, et rajoutez des subjonctifs et des conditionnels, s’il vous plaît. » Pas besoin, c’est parfait tel quel. |
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Hélène Matthieu |
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On vous connaît comme un trublion bourré de talent, qui parle comme une mitraillette et s’agite à la télé. Dans Parlez-moi de la pluie, on vous découvre posé, intense, profond. Ça correspond à une évolution intérieure ?
Jamel Debbouze : Je me dirige doucement vers l’« adultariat ». Chaque film que je fais, chaque spectacle que je joue m’amène ailleurs. Je suis humain, intérieur… et comédien. C’est notre travail à nous autres troubadours d’embarquer les gens. On exprime sur scène tout ce qu’on n’ose pas exprimer dans la vie. Il reste tout ce qu’on essaye de mettre en exergue. Gardez « exergue » s’il vous plaît, c’est bien comme mot, « exergue ».
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Je le garde, c’est mieux qu’« adultariat ».
Jamel Debbouze : Gardez quand même « adultariat ». J’y tiens. Je ne suis pas que ludique. Il faudrait être débile. Évidemment, je ne fais pas autant de fautes de français, je ne parle pas aussi vite ni de manière aussi saccadée, je ne suis pas aussi dispersé que mon personnage, mais je suis cela aussi. Je suis tout à la fois. J’espère en tout cas être complexe, comme nous le sommes tous, comme le sont les personnages de Parlez-moi de la pluie. Je me sers de ma profondeur quand j’en ai besoin, quand des metteurs en scène comme Agnès Jaoui savent la traduire sur l’écran. La profondeur dont vous parlez a toujours été là. Je suis profondément timide et profondément exubérant.
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