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La thérapie aide-t-elle à maigrir ? |
S’allonger pour s’alléger ? Après les sachets hyperprotéinés et la liposuccion, réfléchir sur soi serait la nouvelle recette à la mode pour perdre définitivement du poids. Quatre experts dont les méthodes diffèrent sont d’accord : la thérapie est essentielle… mais pas miraculeuse. |
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Violaine Gelly |
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aigrir : et si c’était dans la tête ?Voilà le nouveau message qui assaille les grassouillets, les dodus, les girondes et les replètes. Accusés hier de manquer de volonté à table, ils sont aujourd’hui les dernières victimes du "tout-psy". Titres de livres, unes de journaux…, tous conseillent le divan comme ultime moyen de perdre du poids. L’émission de M6 “J’ai décidé de maigrir” avait même inséré un psychothérapeute dans son panel de médecins. Entre le régime hyperprotéiné et la liposuccion, la guérison des traumatismes de l’enfance ? Pas si simple. Convaincus depuis longtemps qu’ entre la tête et le corps rien ne se joue d’innocent, nous sommes allés demander leur avis à ceux qui nous aident à mesurer le poids réel de ces kilos – trois ou trente – qui nous gâchent la vie. Est-on gros parce que l’on est malheureux, ou malheureux parce que l’on est gros ? Une psychothérapie aide-t-elle à maigrir, ou à s’accepter comme on est ? Est-ce que c’est long, douloureux, efficace, durable ? Une thérapie est-elle meilleure qu’une autre ? Verbale, corporelle, les deux ? Et quel thérapeute : un analyste ou un comportementaliste ? Les réponses ont beau varier sur quelques nuances, des constantes se dégagent. La thérapie est essentielle, mais pas miraculeuse. Surtout, le processus qu’elle engendre est lent. Mais en prenant le temps de nous juger avec bienveillance, en modifiant le regard que nous portons sur nous-même, nous apprenons à nous aimer pour de bon. L’essentiel est là et maigrir – ou pas – devient alors accessoire. En découvrant que nous possédons, au fond de nous, ce que nous demandons inconsciemment à la nourriture, il ne reste plus qu’à faire la paix avec ce corps que nous torturons.
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Gérard Apfeldorfer Psychiatre et psychothérapeute, spécialiste des troubles du comportement alimentaire
« La psychothérapie n’est pas une méthode amaigrissante »
« Après l’ère des médicaments pour maigrir, puis celle des régimes gadgets, on est en train de déraper vers la psychothérapie amaigrissante miraculeuse. Or, il faut être très clair : la psychothérapie n’est pas une méthode amaigrissante. L’objectif d’une thérapie est de vivre mieux, d’affronter ses difficultés de vie, d’arriver à s’épanouir sur le plan affectif. Quelquefois, cela permet aux personnes en surpoids de maigrir mais, très souvent, les patients se rendent compte que ce n’est pas le problème. Combien m’ont dit : “Vous allez rire, docteur, maintenant que j’arrive à maigrir, c’est beaucoup moins important.” La thérapie permet de changer de regard sur soi : on déplace le problème de base qui semble être “rien ne va parce que je suis grosse” en “j’ai toute une série de difficultés de vie qui font que je suis grosse”.
Alors, quelle thérapie choisir ? En matière de comportement alimentaire, les troubles importants – boulimie, anorexie – sont peu sensibles à la psychothérapie verbale. Beaucoup de patients qui en souffrent ont un profil de personnalité dépendante ou phobique et verbalisent peu : ils mangent au lieu de parler. Ou alors ils parlent beaucoup, mais cette parole masque un vide intérieur. Il vaut mieux choisir un thérapeute comportementaliste dont le but va être d’aider le patient à gérer son rapport à la nourriture, à retrouver des sensations de faim ou de satiété. L’important n’est pas tant l’école du thérapeute que son expérience des troubles du comportement alimentaire et des problèmes de poids. »
Gérard Apfeldorfer est aussi l’auteur, entre autres, de “Maigrir, c’est dans la tête” (Odile Jacob, 2001).
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